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L’apprentissage de la patience


Parfois, je m’installe entre les arbres pour consacrer quelques heures de ma vie à un artisanat primitif, paisible et méditatif. Les pensées tournoient, s’effilochent et renaissent ou, si j’écoute un podcast, une voix m’accompagne tandis que mes mains travaillent. Une brindille, une feuille, une tige, certaines douces et tendres, d’autres dures et coupantes, se croisent et s’entrelacent. Des objets prennent forme : un panier utilitaire, une sculpture évanescente, une installation temporaire.

Je songe à mon monde imaginaire, un endroit où les gens, qui voyagent à pied, à cheval ou en carriole, lavent leur linge à la source et se battent à l’épée, apprennent dès le plus jeune âge le goût de l’effort et la valeur de la patience.

Un tour et encore un autre, le fond, les parois, la bordure et l’anse…

« Elle avait sorti un lien d’un sac pendu à sa ceinture, l’avait trempé dans l’eau et essoré. Puis elle avait entrepris d’en cercler le bois, chaque tour tendu et bien aligné contre le précédent. La tâche semblait aisée entre ses doigts habiles. » (« Une effroyable beauté »)

Mot après mot, geste après geste, le panier, le dessin ou le livre prennent forme. Différentes techniques, différents résultats, mais un même processus fascinant qui n’est pas dépourvu d’échecs et de frustrations. J’ai éprouvé la tentation de me consacrer uniquement à l’écriture, puis j’ai compris que toutes ces activités se nourrissent l’une de l’autre. L’important est de trouver le bon équilibre.

Je rédige ces bulletins au gré de mes envies, souvent le jour de leur parution. Si certains sujets vous intéressent, n’hésitez pas à m’en parler.

À bientôt,

L.M. Rapp


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