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Une nouvelle de Science-fiction sur le racisme

En attendant un recueil qui ne saurait tarder…


Peinture d'un monstre squelette

Thibault Malfoy, mon conseiller littéraire, nous a envoyé, quelques mois auparavant, cette proposition d’écriture : « La métaphore comme maladie. Certaines métaphores sont trop dangereuses et fautives pour qu’on les tolère. » Une élégante réflexion qui m’a inspiré une courte nouvelle sur le thème du racisme.

Je m’amuse parfois de la façon qu’a mon esprit de s’emparer des concepts les plus éthérés pour les ramener à la trivialité la plus déprimante. D’autres fois, je m’en désole.

En tout cas, je vous souhaite une bonne lecture. Et n’hésitez pas à me dire ce que vous pensez de ce texte.

Fais pas ton Glob !

« Tu ne vas pas manger ce paquet tout seul ! Allez ! Fais pas ton Glob ! Partage avec moi !

— Comment ça, mon Glob ?

— Tu sais bien. Les Globs sont tous avares. Tout le monde le sait. Quelle drôle de question ! Parfois je me demande si tu le fais exprès. »

Ils avaient travaillé toute la matinée dans un local étriqué et Silh avait insisté pour qu’à la pause repas ils s’installent dehors, à l’ombre du vaisseau qui les surplombait de sa masse imposante. Il aimait assister au coucher de la naine rouge qui embrasait l’horizon, tandis qu’au zénith la supergéante dardait ses rayons jaunes avec une placide splendeur.

« J’ai vécu deux mois chez les Globs, dit Silh, et je ne les ai pas trouvés avares.

— Ah bon ? Pourquoi t’es-tu arrêté chez eux ?

— Pour rien… Par hasard… Lorsque mon champ protecteur est tombé en panne, j’ai atterri sur la planète la plus proche. »

La bouche de Zaron se tordit en une moue dubitative et son regard de prédateur glissa vers les fruits jaunes qui semblaient luire dans le sac en papier entrouvert.

« Je ne pensais pas rester, mais comme les pièces détachées ont mis du temps à arriver, je me suis installé dans une chambre meublée qu’une famille louait aux voyageurs de passage. Le seuil de la maison franchi, la grand-mère, qui m’avait jugé trop mince, s’est mise à me gaver d’une multitude de plats préparés de sa main. Elle n’acceptait aucun refus – “Ça se mange sans faim”, qu’elle disait – et je suis reparti avec six kilos en plus. »

Ils n’étaient pas censés partager leurs victuailles. Les rations fades, abordables et roboratives qu’apportait Zaron, un ingénieur qu’il avait rencontré une semaine plus tôt, ne l’attiraient pas de toute façon. Ses habits usés et pas toujours propres révélaient une négligence causée, si l’on en croyait les rumeurs, par une addiction au jeu. Le sourire déplaisant qui s’étira sur ses lèvres minces découvrit des dents tachées.

« T’es un Globs ?

— Mais pas du tout… Je te l’ai déjà dit, je viens de la planète Sark. Je te raconte juste mon expérience.

— Et ta femme ? Elle a un air typé. C’est une Globs, c’est ça ? »



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