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Quantité ou qualité ?


Comment trouver le juste équilibre ?

Si vous suivez ce bulletin, vous savez que j’ai entrepris de mettre en ligne les premiers chapitres de mon livre : un par semaine, chacun d’entre eux agrémentés d’une illustration inédite. J’ai tenu un mois avant d’éprouver doutes et surmenage. Et pourtant…

Une voisine céramiste m’a raconté une expérience qui s’est déroulée dans une école. Un professeur a demandé à un groupe d’étudiants de réaliser le plus de pièces possible dans un temps imparti, et à un autre groupe de réaliser la meilleure pièce possible. Le groupe à qui on avait exigé la quantité aurait, paraît-il, réalisé de meilleures créations que celui à qui on avait demandé de la qualité.

Si la quantité importe beaucoup, a-t-elle aussi ses limites ? Dans une de ses conférences, Brandon Sanderson explique que les ebooks autopubliés les plus vendus appartiennent à deux catégories : celle des gens célèbres — tant mieux pour eux — et celle des écrivains qui publient un livre tous les quelques mois.

Mais comment font-ils ? Un tel rythme ne nuit-il pas à la qualité du texte ? Je ne me sens pas capable de surfer ainsi sur les algorithmes d’Amazon. J’aime flâner, écrire un premier jet, y revenir plus tard, réfléchir sur un mot, une idée ou une image sans regarder la montre. Mais je m’astreins tout de même à une limite de temps, car, comme le peintre Frenhofer dans la nouvelle de Balzac, « Le chef-d’œuvre inconnu », je souffre parfois d’un perfectionnisme qui me pousse à m’entêter encore et encore pour améliorer une œuvre qui ne me satisfera jamais. J’ai appris à y remédier en la mettant de côté pour en commencer une autre.

En fait, c’est une leçon que nous a enseignée un de nos professeurs de l’université dentaire de Toulouse. Dans mon souvenir, je le vois, debout devant un amphithéâtre pour une fois rempli, prononcer cette phrase : « le mieux est l’ennemi du bien ». Vous vous appliquez depuis vingt minutes à réaliser le meilleur amalgame de votre carrière, vous donnez un dernier coup de spatule pour perfectionner le galbe de la molaire lorsque, sans signes annonciateurs et sans compassion, l’amalgame se fracture. Il ne vous reste plus qu’à nettoyer les débris et recommencer à zéro, avec en plus la conscience douloureuse des patients agacés qui s’accumulent dans la salle d’attente.

J’ai donc pris mon temps pour le dessin du chapitre 4 et, lorsque j’ai constaté que je ne corrigeais plus que des détails, j’ai décidé de m’arrêter. Est-il meilleur que les autres ? Je ne saurais le dire… Qu’en pensez-vous ? Avez-vous déjà été confrontés à ce genre de dilemme ?


À bientôt,

L.M. Rapp


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